Accueil Mousson Africaine
  
 
Et ressources vivantes
L’agriculture dans la région du Sahel est majoritairement pluviale, c’est-à-dire avec peu d’irrigation. Première ressource alimentaire, elle représente l’activité principale des 2/3 de la population active.

La baisse des cumuls de pluie ainsi que du nombre de jours de pluie a entrainé une augmentation des épisodes secs durant la saison des pluies. Les conséquences ont été une diminution importante des cultures nourricières comme le mil ou le sorgho, ainsi qu’une division par deux de la quantité de bétail au Sahel au cours des années 80. Les épisodes de famines se sont multipliées depuis les années 70 : 1973-74, 1984-85, 1990-91, 1995-96, 1997-98, 2000-01, 2002-03, 2005.

Le lien climat - agriculture

Une prévision potentielle du climat pourrait donc permettre d’anticiper la qualité de la récolte à venir et d’orienter les décisions des agriculteurs. Mais comment mesurer le bénéfice attendu d’une telle prévision ?

Pour se faire, il est nécessaire de prendre en compte certains paramètres :
La pertinence des bénéfices provenant de l’utilisation des prévisions climatiques se situent à l’intersection de 3 grandes problématiques :

- La vulnérabilité humaine
- La prédictibilité du climat
- La capacité de décision

De plus, pour bénéficier de l’utilisation de ces prévisions du climat, des pré-requis sont indispensables :

- L’information tirée de la prévision doit correspondre à un besoin réel et perçu
- L’existence de décision viable sensible à cette information
- La prévision doit être faite pour des périodes critiques, à une échelle appropriée et avec un délai suffisant pour orienter les décisions
- Une communication efficace de l’information tirée de la prévision est essentielle
- Des relais par l’intermédiaire d’institutions ou de décisions politiques doivent être mis en place

Les besoins des agriculteurs

Les paramètres les plus pertinents pour les agriculteurs du Burkina Faso, par exemple, sont (dans l’ordre de priorité) :

- Les dates de démarrage et de fin de la saison des pluies
- La distribution des pluies au sein de la saison humide
- Le cumul saisonnier des pluies

Ce qui est proposé actuellement est la prévision saisonnière du total des pluies d’été basée sur l’évolution des températures océaniques à l’aide de schémas de prévision statistique et de modèles de climat

Le but d’AMMA est de faire collaborer toutes les disciplines intervenant dans la prévision des rendements agricoles afin d’améliorer les stratégies d’adaptation. Il faut donc faire travailler ensemble différentes communautés à différents niveaux :

- La communauté des climatologues et des météorologues doit prévoir le climat et le temps météorologique avec des modèles numériques

- A travers la modélisation, la communauté des agronomes s’intéresse à la croissance et à l’adaptation des végétaux face à la contrainte climatique

- la communauté des sciences humaines évalue les capacités de réaction des producteurs sahéliens aux nouveaux risques climatiques. Elle mesure aussi l’impact probable du changement climatique sur la sécurité alimentaire et sur les économies locales

Ces études, menées dans le cadre d’AMMA, doivent aboutir à des propositions de solutions concrètes compatibles avec les contraintes de la région, d’ordre géographique, climatologique, démographique, et un développement durable pour les sociétés africaines.

© Sedoo Webmaster 352710 visites